Portraits d'étudiants et de diplômés

15 nov
15/nov/2016

Portraits d'étudiants et de diplômés

Portrait de Mathilde Cor, SGM 2010

Bonjour Mathilde, nous t'avions laissée en 2010 tout juste après avoir quitté l'INSA. Peux-tu revenir sur la fin de ton parcours scolaire et la transition avec le tennis professionnel ?
J'ai terminé mon stage de fin d'étude à NTN/SNR à Annecy fin septembre 2010. Ayant atteint le meilleur classement de ma carrière en juin 2010 (-15) - date à laquelle j'ai également été championne de France universitaire individuel, je n'ai pas voulu entrer dans la vie active tout de suite et j'ai décidé de tenter ma chance sur le circuit professionnel de tennis (circuit WTA). Je suis partie m'installer à Clermont-Ferrand auprès de mon conjoint où j'ai commencé un gros travail de préparation physique et tennistique auprès de mon oncle entraineur de tennis et de David Léon, à l'époque entraineur physique de l'équipe espoir de rugby de l'ASM. En décembre 2010, je participe au Master'U au sein de l'équipe de France universitaire, l'équivalent du championnat du monde universitaire par équipe et nous gagnons en finale face aux USA.
Ensuite, je commence à participer à de nombreux tournois ITF 10 000$ et 25 000$ un peu partout en Europe (France, Tunisie, Estonie, Ecosse, Turquie, Croatie, Italie, Allemagne) et j'atteins la 777ème place mondiale (40ème française) en novembre 2011. Plusieurs raisons me poussent à arrêter le circuit : la solitude du circuit (je n'avais pas les moyens de payer un coach pour m'accompagner), le peu d'argent gagné et le fait de voir que je ne pourrais probablement jamais rentrer dans le top 100, classement nécessaire pour gagner correctement sa vie. Je postule donc chez Michelin en septembre 2011.

Mathilde Cor en 2012, photo Thierry Nicolas

Mathilde Cor en 2012, photo Thierry Nicolas

Tu passes donc des courts de tennis aux pneumatiques ?
Oui, je suis embauchée en novembre 2011 au poste de responsable d'industrialisation des renforts métalliques, plus particulièrement des câbles pour pneus Génie Civil (pneus miniers pouvant mesurer jusqu'à 4 m de diamètre). Michelin possède une dizaine d'usines de fabrication de renforts métalliques et de tringles un peu partout dans le monde qui fabriquent des produits pour les pneus voiture, avion, poids lourds et génie civil. Mon poste consiste à rendre industriels les nouveaux modèles de câble définis par les chercheurs. Pour cela, je réalise des tests de mise au point du produit dans notre usine de Clermont et je me déplace en usine pour le démarrage de chacun des nouveaux produits dont je suis responsable et je forme le personnel usine à ce nouveau produit.

Après avoir parcouru le monde pour tes tournois, as-tu de gros déplacements en tant qu'ingénieure ?
Je me déplace plus particulièrement en Espagne, au Canada et en Thaïlande.

Qu'est-ce que tu apprécies le plus dans ton rôle chez Michelin ?
Mon poste est intéressant car il a 2 côtés : un côté très technique avec mise au point du produit en atelier sur les machines, compréhension et analyse des difficultés ;  et un côté chef de projet avec animation de diverses réunion pour fédérer un certain nombre de personnes autour de l’industrialisation du nouveau produit. Également, je travaille sur les problèmes techniques marche courante remontés par les usines.

Penses-tu que le passage en section SHN a pu t'apporter des éléments qui te servent aujourd'hui en tant qu'ingénieure ?
Le parcours SHN m'a apporté plusieurs choses qui m'aident au quotidien dans ma vie professionnelle : la pugnacité : en effet le fait d'être sportif de haut niveau implique d'être battant et de ne jamais reculer devant l'adversité. C'est très utile au travail car on doit faire face tous les jours à de nouveaux problèmes et il est important de ne pas baisser les bras et de continuer à chercher et à trouver des solutions à ces problèmes. L'organisation : allier sport de haut niveau et étude d'ingénieur nécessite d'être organisé, efficace et de savoir prioriser. Au cours du cursus INSA SHN, il y a des moments où l'on peut se permettre de mettre l'accent plus sur le côté sport et d'autres moments où il faut absolument bachoter. Ces qualités sont très utiles en entreprise car on est très souvent surchargé de travail et il est très important de savoir s'organiser et prioriser son activité. Une ouverture d'esprit et des facultés de communication : avoir pu continuer à pratiquer mon sport tout en faisant mes études m'a permis de voyager et d'apprendre à parler anglais, ce qui est primordial dans une entreprise comme Michelin.

Trouves-tu toujours le temps de jouer au tennis ?
Je suis maman d'un petit Martin de 20 mois. Cela occupe bien! Ce n'est pas tous les jours facile de trouver un équilibre entre boulot/déplacements, tennis, famille et amis. Mais bon je continue à m’entraîner 3 fois par semaine et à faire quelques compétitions de tennis.

En effet le rythme doit être soutenu ! Merci d'avoir répondu à nos questions, et à bientôt !